LE SERPENT
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: Ajouté le 5/6/2008 à 22:23
Réalisateur: Eric BARBIER Acteurs: Vincent Mandel: Yvan ATTAL Joseph Plender: Clovis CORNILLAC Hélène: Minna HAAPKILA Cendras: Pierre RICHARD  A mi-chemin entre Le nerfs à vif et L’inconnu Du Nord Express et tiré du roman « Plender » de l’écrivain anglais Ted Lewis, Le Serpent possède tous les attributs du thriller psychologique. En tant que tel, le scénario de cette troisième réalisation signée Eric BARBIER (Le Barbier, Toreros) retrace la machination d’un homme dans sa quête de vengeance. Selon toutes les règles du genre, ce personnage désaxé - car souffrant encore d’affreuses blessures de l’enfance - fait porter le chapeau de son drame personnel à un tiers souvent témoin privilégié ou acteur de son passé. Dans le cas présent, c’est Plender (subtil Clovis CORNILLAC) qui infiltre progressivement la vie de Vincent, un de ses anciens camarades de classe pour lui faire payer ce qui, selon lui, a détruit son existence.  Arnaques, supercheries, recel de cadavre, chantage… : Plender pose un à un les jalons de sa diabolique machination censée causer la perte du jeune photographe et père de famille.
A partir de ce postulat de départ Eric BARBIER a su bâtir un scénario extrêmement bien rythmé et conférer à son long-métrage une atmosphère sombre qui se prête à ce genre de réalisations. A la manière d’un De Niro, Clovis CORNILLAC y incarne l’instigateur de cette vendetta dont il porte le dessein marqué au fer rouge sur la peau. Il ne s’agit plus ici de la très symbolique croix qui maculait littéralement le dos de De Niro dans le film de Scorsese, mais d’un serpent (d’où le titre du film !), figure allégorique de la vengeance à laquelle se destine Plender. Tel le reptile, le héros de cette machination s’immiscera subtilement dans la vie de sa victime pour y porter une piqûre fatale. Fondé sur le duel aux contours parfois protéiformes victime-bourreau (qui est la victime ? qui est le bourreau ?) Plender / Vincent Mandel, LE SERPENT méritait un casting à la hauteur de son scénario. Excellent choix que celui de Clovis CORNILLAC qui, comme indiqué précédemment, joue la carte de la subtilité. Certes, Plender est un dangereux désaxé, mais il n’en garde pas moins une lucidité déconcertante et parfois même une bonhommie assez sympathique. Face à lui, c’est à Yvan ATTAL de s’y coller dans le rôle d’un père de famille plongé dans l’enfer et la culpabilité. S’il n’y a rien à reprocher à son interprétation, on regrette cependant que le scénario n’insiste pas plus sur l’aspect dual de son personnage puisque, sans rien dévoiler, il est tout de même au centre du drame qui a plongé Plender dans la folie. On notera également la présence au générique de Pierre RICHARD. Son interprétation oscille entre sang-froid et fragilité, force et faiblesse dans le rôle d’un avocat d’affaire qui se laisse lui aussi contaminer par le venin de ce serpent décidément ô combien maléfique… NC
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